Livre blanc · Connecter et impliquer

Le Quartier du Futur

Une formule au service de quartiers solidaires et durables.

La richesse déjà présente dans chaque quartier — et comment la faire vivre avec les habitants.

HoplrFrançais7 chapitres + outils pratiquesEnviron 60 minutes
Le Quartier du Futur
Sommaire

00 · Avant-propos

Un quartier qui crée du lien.

“L’impact commence avec vos amis, votre famille et vos voisins. Visez l’impact sur votre propre cadre de vie.”

Si vous cherchez des images de « ville intelligente » sur Google, vous trouverez toujours la même chose : une ligne d’horizon froide, truffée de capteurs et de data centers hyperconnectés. Pas d’être humain en vue.

Pourtant, la technologie devrait être un moyen et non une fin, être au service des personnes et non l’inverse.

L’impact des réseaux sociaux et de la technologie sur notre société est indéniable. Plus que jamais, à mesure que nous nous connectons à des personnes du monde entier partageant les mêmes idées que nous, nous perdons le contact avec notre environnement immédiat. De plus, tout le monde ne trouve pas son chemin vers les applications numériques, qui laissent sur le carreau analphabètes digitaux et groupes vulnérables. La solitude se mue progressivement en épidémie.

Les autorités et organisations locales peuvent faire la différence. En renforçant les communautés locales, elles stimulent non seulement les rencontres physiques, mais aussi l’aide informelle entre voisins (bienveillance) et l’économie circulaire (durabilité). En activant le capital social de leur quartier, les résidents peuvent accéder au matériel, aux connaissances, aux espaces et aux coups de main disponibles à proximité.

Plus les gens ont accès à ce capital social, plus le quartier est en mesure de relever par lui-même les défis sociaux. Il devient alors un écosystème résilient, mieux équipé pour résister aux menaces extérieures telles qu’une pandémie, une crise alimentaire ou énergétique, ou une catastrophe naturelle.

Avec son réseau social de quartier et ses outils à destination des administrations locales, Hoplr veut agir concrètement à cette échelle. C’est pourquoi nous travaillons sur une formule qui cartographie le capital social des quartiers année après année en vue d’élaborer et d’évaluer des initiatives (ascendantes) et des interventions (descendantes) pour déployer l’immense potentiel des quartiers.

01 · La valeur du quartier

La valeur du quartier.

C’est un cliché tentant que celui du déclin social et de la mort de la vie de quartier. Quiconque est en âge d’observer une évolution sociale, qu’il s’agisse de l’industrialisation, de la mondialisation ou de la digitalisation1, repense avec nostalgie au bon vieux temps.

Notre relation avec notre quartier n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’elle était dans le passé, mais le quartier reste toujours aussi précieux. Nous allons démontrer que la communauté locale recèle un riche potentiel, peut-être plus grand que jamais.

Mais nous commencerons par expliquer cette évolution des relations de voisinage en nous penchant sur des facteurs parfois inattendus, comme la transformation de nos réseaux personnels.

1.1 Le rôle de notre réseau personnel dans le quartier

L’individualisme programmé

Rainie & Wellman2 parlent d’« individualisme en réseau ». Alors que notre réseau était autrefois constitué de quelques groupes sociaux très proches les uns des autres, nous sommes aujourd’hui plus susceptibles de faire partie d’un grand nombre de groupes divers aux objectifs bien définis.

Nous explorons nos goûts musicaux avec un premier groupe, puis partageons nos préférences politiques avec un second. La société actuelle offre, en ligne et hors ligne, un immense buffet de communautés, satisfaisant notre appétit contradictoire d’individualité et de sentiment d’appartenance.

La diversité des quartiers

Alors que nos identités et nos rôles au sein de la société sont de plus en plus fragmentés et ne sont plus exclusivement liés à nos communautés locales, les quartiers sont plus divers que jamais. Des personnes issues de milieux complètement différents viennent vivre les unes à côté des autres, transformant le quartier en patchwork de talents et de croyances divers.

En d’autres termes, sous l’influence de la mondialisation, de l’urbanisation et d’Internet, nous sommes passés de communautés locales homogènes (où les membres ont beaucoup en commun et attendent des comportements similaires les uns des autres) à des communautés locales hétérogènes (marquées par la diversité).3

1.2 Le capital social du quartier

Le capital social

Chaque réseau, chaque communauté, possède une certaine quantité de capital social : la quantité totale de ressources qui peuvent être déployées uniquement sur la base des relations sociales locales4.

Un membre de votre famille qui vous aide à trouver un emploi, un ami qui donne de son temps pour vous aider à déménager, ou un voisin qui cultive un potager – le capital social, c’est tout ce que votre réseau peut faire pour vous (d’un point de vue individuel) et tout ce que la communauté peut faire pour ses membres (d’un point de vue global).

Attachement ou accointance

Les communautés homogènes et hétérogènes possèdent toutes deux un capital social, bien qu’il prenne des formes différentes5. Dans le cas d’une communauté homogène, on parle de capital social d’attachement (ou affectif), qui accorde beaucoup d’importance à la sécurité et au soutien social, entre autres. Pourtant, des études démontrent que le capital qui caractérise la plupart des communautés hétérogènes, à savoir le capital social d’accointance (ou relationnel), a un effet positif non seulement sur les résultats individuels, mais aussi sur la croissance économique et la tolérance à la diversité du groupe.

Le capital social d’accointance du quartier

Alors que les habitants d’un quartier avaient l’habitude de compter uniquement les uns sur les autres pour former une communauté soudée (homogène), chaque membre peut désormais puiser dans son réseau individuel pour enrichir le quartier.

Les relations au sein des groupes rapprochent les personnes. Les ponts entre groupes donnent accès aux connaissances et aux ressources de différents réseaux.
Capital social d’attachement et d’accointanceLes relations au sein des groupes rapprochent les personnes. Les ponts entre groupes donnent accès aux connaissances et aux ressources de différents réseaux.Extrait du livre blanc · page 12

Non seulement le quartier abrite un trésor de capital de transition, mais son contexte physique, social et civique offre aux membres une double valeur unique :

  • D’une part, le potentiel pour les personnes vulnérables et moins mobiles, les personnes âgées en particulier. Ceux qui ne peuvent pas compter sur leurs amis ou leur famille trouveront dans leur quartier un important réseau de relations sociales et de soutien. Et pour ceux qui ne sont pas mobiles, la proximité du quartier constitue sans aucun doute un maillon important du réseau de soins.
« Plus les fils d’un tissu social sont nombreux, plus les mailles du filet de sécurité sociale sont serrées. »
  • D’autre part, un intérêt commun particulier pour différentes thématiques locales, comme les initiatives prises conjointement par les résidents dans leur espace physique immédiat, du covoiturage aux opérations de nettoyage en passant par d’innombrables initiatives qui s’attaquent localement aux défis mondiaux.
  • Il existe un rapport bien établi entre solidité du tissu social et bien-être psychosocial et physique6. Dans les quartiers du futur, les habitants s’occupent les uns des autres en veillant sur les biens, en offrant un soutien social et en apportant une aide informelle. Les personnes qui ont besoin d’aide remarquent également qu’elles ont beaucoup à offrir et ne se contentent plus de demander. Les personnes âgées gardent plus longtemps leur autonomie et la communauté combat activement l’isolement social.
  • Diverses études7 montrent un lien fort entre sentiment d’appartenance et sentiment de sécurité. Dans les quartiers du futur, les habitants ouvrent l’œil, se tiennent mutuellement informés des activités suspectes et s’appellent en cas d’urgence.
  • Dans les quartiers où le sentiment d’appartenance à la communauté est fort, les habitants ont à cœur de s’impliquer dans le bien collectif8. Dans les quartiers du futur, les habitants se sentent donc concernés par la communauté et la politique locale. Ils sont plus enclins à prendre des initiatives, à faire du bénévolat et à participer aux projets initiés par des voisins, des organisations et les autorités.
  • Dans les quartiers durables, les habitants se déplacent moins souvent en voiture parce qu’il y a beaucoup de choses à faire sur place et que les déplacements durables sont la norme.
  • Dans les quartiers durables, les habitants échangent volontiers des objets, font des achats groupés et consomment localement. Ensemble, ils retroussent leurs manches pour aménager et entretenir les espaces verts.
« Investir dans le renforcement des communautés locales, c’est investir dans des questions sociales telles que la mobilité, le climat, le bien-être et la participation citoyenne. »

1.3 Le défi

La déconnexion

Si le quartier d’aujourd’hui recèle tant de valeur, pourquoi ne la remarquons-nous pas toujours ? Il semble parfois que nous ne jugeons plus le quartier à la façon dont il enrichit nos vies, mais plutôt en fonction de sa capacité à s’adapter à notre individualité. « Ce sont des voisins tranquilles », « nous laissons tout le monde tranquille » et « ils viennent arroser les plantes quand nous partons en voyage » sont des qualités attendues du voisin moderne.

Est-ce le revers de la médaille ? Nos amis du Tadjikistan et nos fan-clubs en ligne nous ont-ils tellement gâtés qu’il nous est difficile de nous lier à nos voisins ?

Exploiter le capital social du quartier

Le potentiel est peut-être immense, mais cela ne signifie pas que cette valeur est accessible d’un claquement de doigts. Ni qu’elle est accessible dans la même mesure à tous les membres.

Les clichés du type « c’était mieux avant » sont tentants, mais ils sont très probablement faux et ne sont certainement pas constructifs. Et si nous utilisions les atouts de notre réalité actuelle pour nous connecter davantage les uns aux autres ? Les quartiers du futur deviendraient alors des quartiers solidaires qui ne se contentent pas de lisser nos différences, mais les valorisent.

« Le secret des quartiers solidaires du futur ? C’est parier sur le développement d’une communauté locale, ici et maintenant. »

Une formule pour mesurer le capital social

Ce livre blanc propose une formule qui donne un aperçu des dynamiques du capital social d’un quartier. Sur cette base, il est possible de cartographier et déployer la « valeur » d’un quartier.

Illustration de Miel Vandepitte.
Le potentiel du quartierIllustration de Miel Vandepitte.Extrait du livre blanc · page 22

02 · Une formule pour le quartier

Une formule pour des quartiers solidaires et durables.

Le quartier a donc une valeur indéniable, en théorie. Intuitivement, cependant, nous avons le sentiment que certains quartiers offrent plus de valeur à leurs membres que d’autres.

Est-ce bien le cas ? Est-il possible de calculer le capital social d’un quartier donné ? Et peut-être plus intéressant encore : cette formule fournit-elle des leviers que nous pouvons activer pour maximiser le capital social ?

2.1 La formule du capital social

Au niveau individuel, le capital social d’une personne est généralement décrit comme l’ensemble des ressources auxquelles ses relations sociales lui donnent accès. Pensez à la perceuse prêtée par votre voisin, à cet ami qui vous conduit en voiture, aux conseils de votre oncle avocat, etc. Additionnez le tout et vous obtenez : votre capital social !

Le niveau collectif est un peu plus complexe à cet égard. Après tout, le capital social du quartier n’est pas la simple somme des ressources de tous ses résidents, comme nous le verrons plus loin.

Selon nous, pour déterminer (ou influencer) le capital social d’un quartier, il faut considérer deux éléments : d’une part, le potentiel des ressources du quartier, et d’autre part, l’accès à ces ressources.

Potentiel × accès = capital social. Un cadre pour comprendre les possibilités d’un quartier.
La formule du capital socialPotentiel × accès = capital social. Un cadre pour comprendre les possibilités d’un quartier.Extrait du livre blanc · page 23

Une simple formule ne suffit pas à exprimer des concepts sociaux complexes... mais reste bien utile. Elle vous servira de guide pour naviguer à travers les concepts de ce livre blanc et, surtout, pour vous lancer.

2.2 Le potentiel

Le potentiel, ou excédent urbain, consiste principalement en la somme des ressources ou des actifs d’un quartier. Ceux-ci peuvent prendre plusieurs formes :

  • Temps
  • Talents
  • Finances
  • Matériel
  • Connaissances
  • Espaces
  • Connexions
  • Soutien émotionnel

La mesure dans laquelle ces atouts sont présents est largement déterminée par la démographie et le statut socio-économique d’un quartier. Combien de personnes y vivent ? Quelle est la diversité du quartier ? Y a-t-il des commerces locaux dynamiques ?

Le potentiel est également déterminé par la mesure dans laquelle les atouts présents se prêtent à une coopération du quartier. Le tout est plus grand que la somme de ses parties. La diversité est ici un facteur important de potentiel connectif.

En d’autres termes, le potentiel d’un quartier est constitué des ressources que les résidents apportent avec eux, plus la valeur ajoutée qui découle des collaborations possibles.

Le potentiel réunit les ressources des habitants et la valeur ajoutée de leur collaboration.
Plus que la somme des ressourcesLe potentiel réunit les ressources des habitants et la valeur ajoutée de leur collaboration.Extrait du livre blanc · page 25

La cartographie de ces opportunités peut s’avérer extrêmement précieuse. En répertoriant tous les acteurs clés d’un quartier, on comprend rapidement comment les collaborations peuvent contribuer à résoudre toute une série de difficultés. À la fin de ce livre blanc, nous examinerons un outil qui peut vous y aider : la cartographie des capacités d’un quartier.

2.3 L'accès

Cependant, le fait que les membres disposent de certains outils ne signifie pas que ces derniers peuvent être utilisés librement par l’ensemble de la communauté. Pour cela, il faut que les outils soient accessibles.

Cet accès est déterminé par la mesure dans laquelle les membres peuvent, et veulent, se connecter au réseau du quartier. La connexion porte sur le fait de proposer des ressources ou de les utiliser.

L’accès dépend à la fois de la volonté et de la capacité à se connecter au réseau du quartier.
L’accès : vouloir et pouvoir se connecterL’accès dépend à la fois de la volonté et de la capacité à se connecter au réseau du quartier.Extrait du livre blanc · page 25

La possibilité de se connecter au réseau d’un quartier (capacité) est largement influencée par les espaces du quartier, qui entravent ou stimulent les échanges entre voisins.

La volonté des habitants de se connecter au réseau de voisinage est la dernière pièce du puzzle. Nous l’imputons à la cohésion sociale du quartier.

Les relations entre les résidents sont-elles solides ? Quelles valeurs et normes le quartier défend-il ? La communauté locale est-elle inclusive ? Ces dimensions sociales déterminent en grande partie l’accès au capital social d’un quartier.

Avec les bons outils, vous pouvez non seulement évaluer, mais aussi influencer cet accès. C’est pour nous la définition même du développement d’une communauté. Et c’est là que réside la clé du capital social.

« Les ressources du quartier sont ce qu’elles sont : une abondance de potentiel pour enrichir le quartier et ses membres. Mais la mesure dans laquelle les résidents peuvent et veulent utiliser ces ressources... c’est là que nous pouvons faire la différence. »

03 · La volonté de se connecter

La cohésion sociale : la volonté de se connecter.

La cohésion sociale d’un quartier détermine en partie la mesure dans laquelle les résidents souhaitent se connecter au réseau – et donc aux ressources – du quartier.

La cohésion sociale détermine donc la mesure dans laquelle les gens sont prêts à :

  • mettre leurs propres ressources à disposition de la communauté ;
  • se tourner vers le voisinage en cas de besoin ;
  • travailler ensemble à un meilleur voisinage.

3.1 La définition de la cohésion sociale

Nous sommes tous d’accord pour dire que la cohésion sociale est une bonne chose. Le degré de cohésion varie d’un groupe à l’autre, mais dans tous les cas, sa présence favorise le bien-être de ses membres9.

Pourtant, il s’agit d’un concept complexe et contesté, et il n’en existe pas de définition unique. Alors, comment évaluer la cohésion sociale d’un quartier ?

Selon nous, la cohésion sociale est le résultat de nombreuses dimensions et de leurs dynamiques mutuelles qui déterminent la mesure dans laquelle les membres veulent faire partie du groupe. Il est donc possible d’identifier quelques dimensions mesurables d’un quartier afin de mieux en comprendre la cohésion sociale.

C’est un peu comme si on voulait évaluer l’état de santé global d’une personne. Aucun test prêt à l’emploi n’exprime la santé d’une personne en pourcentage. Mais on peut prendre la température corporelle, poser quelques questions, faire une prise de sang... De la même manière, nous pouvons étudier la communauté locale sous différents angles, et les analyser.

Ensuite, nous pouvons établir un « protocole de soin », des initiatives (ascendantes) et des interventions (descendantes) ayant un impact positif sur certaines dimensions sociales, et donc stimuler la volonté des résidents à rejoindre le réseau.

3.2 Les dimensions de la cohésion sociale

La cohésion sociale est directement influencée par une multitude de dimensions, mesurables ou non, influençables ou non. Il existe autant de combinaisons de dimensions que d’études sociales connexes.

Sur la base des dimensions les plus courantes, ainsi que de notre propre expérience, nous proposons une courte liste de dimensions sociales « mesurables et socialement réalisables » à titre d’orientation. Selon nous, elle offre une image assez complète de la cohésion sociale d’un quartier, ou du moins un bon point de départ pour une analyse et un plan d’action :

  • Esprit communautaire
  • Confiance
  • Réciprocité
  • Valeurs partagées
  • Réseaux

Nous allons aborder brièvement chacune de ces dimensions : que signifient-elles pour la cohésion sociale d’un quartier, et comment une organisation ou une autorité locale pourrait-elle les stimuler pour renforcer la communauté ? Comme vous le verrez, chaque dimension souligne l’importance des échanges positifs entre les habitants du quartier.

3.2.1 L’esprit communautaire

Signification

L’esprit communautaire est l’image que les résidents se font de leur quartier, et la mesure dans laquelle ils s’identifient à cette image10.

Il s’agit du sentiment de solidarité d’un quartier, que l’on pourrait comparer à celui d’un club sportif : même les supporters n’ayant pas touché le ballon pendant un match ne manquent pas de chanter « On a gagné ! » à la fin.

Lorsque les résidents s’identifient fortement au quartier, ils trouvent important que celui-ci se porte bien, car cela rejaillit dans une certaine mesure sur leur identité personnelle et même leur fierté. Ils sont alors plus susceptibles de vouloir co-investir dans le quartier11.

Le renforcement de la communauté par la promotion du sentiment d’appartenance

Le sentiment d’appartenance à la communauté est d’autant plus fort que les voisins ont des expériences positives avec la communauté locale12, comme une activité amusante ou un voisin qui donne un coup de main. Sur la base de ces expériences, les résidents se forgent une image positive du quartier et s’y identifient d’autant plus fortement.

En outre, cela ne concerne pas uniquement les expériences personnelles : les résidents peuvent se forger la même image en observant les échanges entre les autres résidents : deux voisins qui discutent tranquillement, un article en ligne qui relate comment un habitant du quartier a reçu de l’aide pour déblayer de la neige, ou même une collecte organisée par le quartier quelques années avant leur emménagement13.

En tant qu’administration ou organisation locale, vous pouvez stimuler l’esprit communautaire en offrant une plateforme (plus inclusive) pour relayer les événements positifs du quartier.

Pensez par exemple aux espaces publics et virtuels où les résidents peuvent se rencontrer pour des échanges de bon voisinage. Nous évoquerons ces espaces dans le chapitre suivant.

Vous pouvez aussi mettre en avant les témoignages positifs (recueillis, par exemple, lors d’une enquête de voisinage), en appliquant une stratégie de communication locale. Là encore, il faut veiller à l’inclusion.

  • Fête annuelle de quartier
  • Pot du Nouvel An
  • Prix du meilleur voisin
  • Témoignages d’habitants
  • Travail en équipe
  • Cérémonie d’accueil des nouveaux voisins
  • Actions de bon voisinage
  • Réseau social de quartier
  • Slogan de quartier

3.2.2 La confiance

Signification

La confiance, c’est le fait d’attendre de ses voisins une conduite qui soit bénéfique, ou du moins non préjudiciable, pour soi-même ou pour la communauté. Sans confiance mutuelle, les membres sont réticents à coopérer et il est alors impossible de tirer le meilleur parti du capital social14.

Elle comporte un certain risque : « Je vais prêter mon échelle à mon voisin, même s’il existe une possibilité qu’il ne me la rende pas ».

La confiance joue un rôle à différents niveaux qui sont importants pour la cohésion sociale d’un quartier :

  • La confiance en l’individu
  • La confiance en le groupe auquel on s’identifie
  • La confiance en un groupe auquel on ne s’identifie pas
  • La confiance en une institution
Le renforcement de la communauté par la promotion de la confiance

Lorsqu’un quartier se montre systématiquement méfiant, c’est généralement le résultat de mauvaises expériences ou d’un manque d’expériences.

  • Rôles. L’ambiguïté des rôles entraine souvent la méfiance. Dans ce cas, difficile de savoir ce qu’une personne peut attendre d’une autre et quels protocoles s’appliquent à un échange. C’est pourquoi il peut être utile de désigner des référents ou des personnes de confiance, comme un référent d’intégration ou un ambassadeur de quartier.
  • Transparence. Faites ce que vous dites et dites ce que vous faites. Communiquer en temps utile, de manière claire et cohérente, puis agir en conséquence du mieux possible, peut contribuer à restaurer la confiance au niveau local.
  • Cadre de vie. Des recherches montrent un lien entre l’état et l’adéquation des installations du quartier, et la confiance sociale15. Considérez l’impact de dégradations telles que des actes de vandalisme, des crottes de chien ou des lampadaires cassés sur le sentiment de sécurité et, en fin de compte, sur la confiance des habitants. L’entretien de l’espace public est donc important pour renforcer la confiance dans le quartier.
  • Rencontres. La méfiance découle souvent de la peur de l’inconnu. En encourageant les rencontres, on peut favoriser les expériences positives et donc la confiance. Il est donc d’autant plus important de créer des occasions de se rencontrer, en tenant compte de la diversité. Pensez aux rencontres entre jeunes et moins jeunes, entre nouveaux arrivants et « vieille garde », et entre différents groupes culturels ou ethniques.
  • Faites confiance. Une autorité locale peut renverser les préjugés entourant un groupe ou une organisation en leur permettant d’avoir un impact positif sur le quartier. Par exemple, demandez aux jeunes de réfléchir à une action contre les déchets sauvages.

3.2.3 La réciprocité

Signification

La plupart des services, qu’il s’agisse du prêt d’une échelle ou d’une information, sont rendus en l’attente d’un retour tôt ou tard : c’est la réciprocité. Elle se présente sous différentes formes16 selon la nature d’une relation ou d’un réseau.

A. L’échange négocié

Premièrement, on rencontre le principe de « l’échange négocié ». Ici, deux voisins conviennent clairement à l’avance de qui fera quoi. L’échange se fait de manière bilatérale, plus ou moins en même temps.

Souvent, dans ce cas de figure, la confiance est maigre et les chances de succès d’un voisin dépendent beaucoup de ses propres actions, et donc de ses possibilités.

De plus, la probabilité que ces échanges se répètent est limitée.

B. L’échange réciproque

Un voisin peut également partager des ressources sans rien attendre en retour. Il ne sait alors pas quand la contrepartie arrivera, ou si elle arrivera tout court. C’est ce qu’on appelle un « échange réciproque ».

Dans ce cas, les échanges sont distincts, unilatéraux, et nourrissent une relation saine sur le long terme.

Si la contrepartie ne se matérialise jamais, a fortiori si elle est refusée dans le cas d’une demande spécifique, cela peut nuire à la réputation du bénéficiaire de l’aide et à la relation entre les deux voisins. En d’autres termes, il existe quand même une certaine attente.

C. L’échange généralisé

Une troisième possibilité est l’échange généralisé, dans lequel un voisin ne donne pas nécessairement la contrepartie à la personne qui l’a aidé, mais à un autre habitant.

Échange négocié, réciproque ou généralisé : d’une contrepartie directe à une contribution à la communauté.
Trois formes d’échangeÉchange négocié, réciproque ou généralisé : d’une contrepartie directe à une contribution à la communauté.Extrait du livre blanc · page 41

Dans ce type d’échange « indirect », les résidents ne dépendent pas les uns des autres, mais de tous les membres qui contribuent au réseau.

Cette forme de réciprocité présente des avantages importants. Par exemple, les échanges peuvent se manifester par des actions de bon voisinage. Dans un quartier où les échanges généralisés sont la norme, les habitants peuvent ranger spontanément les poubelles renversées ou garder un œil sur les biens des autres.

En outre, cela présente un avantage important pour les résidents qui ont moins de ressources (matériel ou compétences) à offrir. Après tout, ils sont plus susceptibles de pouvoir aider un voisin quelconque qu’un voisin en particulier. Les résidents vulnérables peuvent ainsi sortir de leur rôle de demandeur d’aide, car tout le monde a ainsi quelque chose à offrir au quartier.

Le degré et la forme de la réciprocité déterminent la mesure dans laquelle les résidents sont disposés à contribuer ou osent demander de l’aide.

Le renforcement de la communauté par la représentation de la réciprocité

Il est difficile de mettre en place une structure d’échanges généralisés sans forte cohésion sociale. Cependant, une autorité ou une organisation locale peut accroître la facilité et la motivation à échanger des ressources.

À cet égard, il est important de rendre les échanges visibles, et ce, pour trois raisons :

  • Cela indique clairement que c’est la norme dans le quartier d’aider ses voisins sans contrepartie directe ;
  • Les demandes d’aide au sein du quartier sont claires, ce qui augmente les chances que quelqu’un identifie une demande à laquelle il peut répondre ;
  • Si le voisinage peut voir qu’une personne se rend utile, c’est très positif pour la réputation de cette dernière, ce qui peut être un facteur de motivation particulièrement fort.
  • Un réseau social de quartier permet aux résidents de rendre leurs demandes et leurs offres d’aide visibles plus longtemps. Les réactions et donc les échanges sont visibles par tous les membres.
  • Un frigo partagé ou une bibliothèque de quartier est une preuve tangible de beaux échanges utiles au sein de la communauté locale.
  • Une campagne de communication axée sur le quartier met en évidence des échanges touchants. Pensez à des projets de quartier tels que les prix de bon voisinage et les témoignages.

3.2.4 Les valeurs partagées

Signification

Les valeurs sont des croyances abstraites et émotionnelles qui existent dans un continuum et déterminent des attitudes et des comportements spécifiques17.

Plus simplement, il existe de nombreuses valeurs auxquelles chacun attache plus ou moins d’importance. L’intégrité, la productivité, le respect, le succès, le dévouement, l’égalité... Ces notions se traduisent par des normes - des règles de conduite - qui dictent quelles actions sont appropriées dans quelles situations.

Nos valeurs et normes personnelles déterminent non seulement notre propre comportement, mais aussi la manière dont nous évaluons le comportement et, en fin de compte, le caractère, des autres. Si le comportement d’un voisin va à l’encontre de nos propres valeurs et normes, cela peut influencer négativement notre opinion de lui.

Le sentiment des valeurs partagées a un impact majeur sur une dimension évoquée précédemment : la confiance. Si nous nous attendons à ce que quelqu’un partage les mêmes valeurs que nous, nous sommes plus susceptibles de croire que nous œuvrons à un objectif commun, en respectant les mêmes règles.

Le renforcement de la communauté par la mise en avant des valeurs partagées

Le conflit de valeurs est une cause majeure de friction entre les groupes, qu’ils soient d’une culture ou d’une génération différente. Les valeurs confictuelles peuvent donc diviser une communauté. À l’inverse, les valeurs partagées ont la capacité de rassembler les gens.

Deux groupes donnés ont certainement une valeur commune. Il est important de la mettre en avant, car en fin de compte, nous avons plus de points communs que de différences.

  • Lors d’une enquête de voisinage, déterminez les normes et les valeurs auxquelles les acteurs du quartier (résidents, organisations, etc.) sont attachés, au niveau personnel, social et local.
  • Recherchez des valeurs communes qui soient aussi inclusives que possible. Pensez par exemple au respect, à la serviabilité et à la tolérance.
  • Traduisez les valeurs communes du quartier dans un manifeste de quartier, un slogan ou un ensemble de commandements.
  • Rendez les valeurs communes visibles dans le quartier. Cela peut se faire physiquement, via un dépliant ou un site web. De cette façon, les nouveaux arrivants savent immédiatement ce que valorise le quartier.
  • Étape finale facultative : réunissez plusieurs groupes autour des valeurs partagées afin d’accroître la cohésion sociale. Réunissez des jeunes et une organisation locale à but non lucratif autour de l’environnement, ou des parents de différents milieux ethniques et culturels autour de l’éducation des enfants.

3.2.5 Le réseau

Les quatre dimensions précédentes sont des dimensions cognitives : elles existent principalement dans l’esprit des résidents et sont hautement subjectives. Le réseau, en revanche, est une dimension structurelle qui nous renseigne plutôt sur la composition du quartier, et qui est donc plus objective.

Pour établir une carte visuelle de tous les résidents et organisations du quartier, nous pourrions tracer une ligne entre deux parties lorsqu’elles sont en relation. Ces lignes nous indiqueraient dans quelle mesure les individus et les organisations sont en réseau dans le quartier.

Peut-être cette carte ferait-elle apparaitre des grappes de groupes homogènes, et des ponts épars entre les grappes. Ces ponts renvoient au capital social d’attachement ou d’accointance dont nous avons parlé au début de ce livre blanc.

En outre, nous pourrions noter des liens verticaux entre les différents groupes et les organisations, c’est le capital social instrumental.

Plus le réseau d’un individu ou d’une organisation de quartier est développé, plus il est probable que quelqu’un rejoigne le réseau du quartier, y compris des étrangers.

Enfin, plus le réseau social de quartier est fort à un moment donné, plus il devient intéressant pour un individu ou une organisation de le rejoindre.

Le renforcement de la communauté par l’expansion des réseaux existants

En stimulant de nouvelles relations entre les individus, les groupes et les organisations du quartier, les parties sont mieux mises en réseau et la cohésion sociale augmente. De cette manière, un nombre croissant de personnes est disposé à offrir et à demander des ressources à la communauté locale.

  • Figures relais. Elles peuvent jouer un rôle important en mettant en contact différentes parties. Pensez aux travailleurs communautaires, aux référents d’intégration ou à un concierge de quartier.
  • Réunions. Organisez des cérémonies d’accueil ou d’autres événements de réseautage où les résidents peuvent se rencontrer.
  • Actions. Les activités sur des thèmes qui animent les citoyens offrent un cadre idéal pour nouer des relations. Par exemple, une session d’information ou une foire.
  • Espaces physiques et virtuels. Seule la présence d’espaces de qualité, tant physiques (comme un parc) que virtuels (comme un réseau social de quartier), peut donner lieu à des échanges spontanés.
  • Communication autour des organisations. En faisant connaître les organisations locales, leurs offres et leurs activités, vous favoriserez les relations entre les organisations et les citoyens, et entre les organisations elles-mêmes. Pensez à un annuaire des commerçants locaux ou à une journée portes ouvertes pour les entreprises.
Photographie de Joachim van Belleghem.
Un quartier vit de ses rencontresPhotographie de Joachim van Belleghem.Extrait du livre blanc · page 48

04 · La capacité à se connecter

Créer des espaces pour se connecter.

Illustration de Miel Vandepitte.
Des espaces pour se rencontrerIllustration de Miel Vandepitte.Extrait du livre blanc · page 54

Piqûre de rappel Vous souvenez-vous des deux éléments qui déterminent l’accès au capital social ?

Jusqu’à présent, nous nous sommes concentrés sur la volonté de se connecter au capital social, largement déterminée par la cohésion sociale. Nous allons maintenant examiner la capacité, la mesure dans laquelle on peut se connecter aux ressources du quartier.

L’infrastructure de communication

L’infrastructure de communication couvre les espaces physiques et virtuels au sein desquels les résidents peuvent ou non entrer en contact les uns avec les autres.

Dans une large mesure, c’est la qualité de cette infrastructure de communication qui détermine si le quartier est capable de… :

  • mettre ses propres ressources à la disposition de la communauté ;
  • se tourner vers le voisinage en cas de besoin ;
  • travailler ensemble à l’amélioration du voisinage.

L’importance des espaces

Sans espaces de qualité et accessibles où les habitants peuvent systématiquement entrer en contact les uns avec les autres, il est évidemment difficile d’utiliser le capital social du quartier.

Car comment, sans espace physique ou virtuel, pourrait-on, par exemple :

  • savoir qui vit à côté ;
  • connaître les ressources disponibles dans le quartier ;
  • demander de l’aide ou du matériel ;
  • fournir de l’aide ou du matériel ;
  • parler de ses difficultés et des solutions ; ou
  • se donner un coup de main ?

Le rôle des autorités

Souvent, la création d’un espace où les voisins peuvent entrer en contact représente un investissement en temps, en argent et en énergie. Le rôle des autorités locales à cet égard est triple :

  • comprendre où se situe le besoin (quel type d’espace est souhaité, mais aussi comment l’espace doit être aménagé) ;
  • fournir les espaces nécessaires ; et
  • maintenir les espaces existants.

L’implication des habitants dans ces processus est certainement bénéfique pour le résultat final, l’implication dans le projet et la cohésion sociale du quartier.

4.1 Les espaces physiques

Les tiers-lieux

Par espaces physiques, nous entendons tous les lieux du quartier qui offrent aux résidents la possibilité d’interagir (comme un sentier pédestre), mais plus encore les lieux qui stimulent réellement l’interaction, comme les cafés, les centres communautaires ou les parcs.

Ray Oldenburg parle de tiers-lieux18. Alors que votre maison sert de premier lieu et votre environnement de travail de deuxième lieu, les tiers-lieux :

  • sont accessibles à tous ;
  • visent des conversations informelles dans un cadre confortable ;
  • sont familiers, par exemple parce qu’on y croise souvent des visages connus ; et
  • ne sont pas un point de passage obligatoire, les visiteurs sont là parce qu’ils le veulent.

Les tiers-lieux sont importants pour la vie sociale d’un quartier. Ils offrent aux habitants la possibilité de discuter des problèmes du quartier, d’échanger des opinions, d’apprendre les uns des autres, etc., ce qui peut déboucher sur des relations et des actions.

L’appropriation de l’espace par un groupe

Au fil du temps, des groupes de voisins peuvent s’approprier ces lieux19 qui servent d’intermédiaire entre l’espace privé et l’espace public.

Dans ces espaces dominés par un groupe qui impose ses règles, les gens se comportent de manière légèrement différente les uns envers les autres. Les échanges qui ont lieu ici n’ont pas le caractère intime d’une relation amicale, ni le détachement qu’on observe entre des étrangers. Ces espaces invitent à la reconnaissance amicale, aux conversations légères et autres marques de bon voisinage.

La subjectivité de l’expérience

Le caractère public ou privé d’un espace dépend de l’observateur. Le client d’un café qui n’habite pas le quartier considérera l’établissement comme un espace public et se comportera en conséquence, tandis que dans ce même café, un résident du quartier sera peut-être plus enclin à parler à d’autres clients.

La signification d’un espace varie également d’un habitant à l’autre. Le quartier physique peut être divisé en cercles concentriques autour du domicile d’une personne20. Plus un lieu est proche du domicile, plus il est porteur de sens pour l’habitant. Par exemple, en regardant par la fenêtre, une personne peut en apprendre beaucoup sur ses voisins immédiats.

Un banc communautaire peut revêtir une grande valeur pour une personne qui vit à quelques pas de celui-ci, beaucoup moins pour un habitant qui réside à l’autre bout du quartier. L’implantation stratégique de ces lieux de rencontre n’est donc pas à prendre à la légère.

L’histoire et les associations liées à un lieu sont également importantes21. Un parc ayant déjà accueilli de nombreuses activités de voisinage positives par le passé est souvent plus apprécié par les résidents qu’un parc dégradé. Voici pourquoi l’entretien et la prévention de la détérioration sont si importants.

4.2 Les espaces virtuels

La signification de l’espace virtuel

Tout espace qui permet des échanges entre les résidents donne accès au capital social, dans une certaine mesure. Aux lieux de rencontre du quartier s’ajoutent les panneaux d’affichage de petites annonces ou les réseaux sociaux de quartier comme Hoplr.

Les espaces virtuels donnent également un aperçu de l’identité, des ressources et des difficultés du quartier. Comme les espaces physiques, ils permettent aux résidents de poser des questions et d’y répondre, d’échanger des informations et de collaborer22.

Persistance, réplicabilité, évolutivité et facilité de recherche

Les échanges virtuels sont généralement moins adaptés à l’approfondissement de relations solides. Dans le contexte du développement d’une communauté, en revanche, ils offrent quelques caractéristiques uniques.

Les échanges en ligne (comme les messages de voisinage sur Hoplr) sont enregistrés et sauvegardés, ce qui permet à d’autres voisins d’y accéder et de les partager, sur le coup ou plus tard.

En d’autres termes, les échanges en ligne ont nettement plus de chance de toucher les résidents qui n’étaient pas directement impliqués dans l’interaction initiale.

Cela a, à son tour, un effet exponentiel :

  • Le développement de l’identité du quartier ;23
  • La probabilité que les membres reçoivent les ressources appropriées (par exemple, une invitation à une activité communautaire, des informations pertinentes, de l’aide, etc.) ;
  • L’apprentissage par l’observation (on apprend à mieux connaître les règles du quartier et il devient plus facile de demander de l’aide).

En outre, pour certains résidents, le contact avec le voisinage peut être plus accessible dans l’espace virtuel que dans l’espace physique.

Photographie de Joachim van Belleghem.
Le lien commence tout près de chez soiPhotographie de Joachim van Belleghem.Extrait du livre blanc · page 63

05 · Les dynamiques de voisinage

Les espaces et la cohésion sociale se renforcent.

Au début de ce livre blanc, nous avons proposé une formule, que nous avons présentée dans les chapitres précédents. Cet outil permet d’exploiter le capital social d’un quartier.

Potentiel × volonté de se connecter × capacité à se connecter = capital social. La cohésion sociale et les espaces de rencontre s’influencent mutuellement.
Les éléments du cadre de réflexionPotentiel × volonté de se connecter × capacité à se connecter = capital social. La cohésion sociale et les espaces de rencontre s’influencent mutuellement.Extrait du livre blanc · page 67

Bien sûr, ce n’est pas aussi tranché. De nombreux facteurs influencent, à des degrés divers, à la fois la volonté et la capacité à se connecter. Nombre de ces facteurs sont indépendants de notre volonté : il s’agit de conditions préalables dont nous parlerons plus loin.

En outre, la cohésion sociale et les espaces d’un quartier sont tout sauf séparés. Nous les appelons le « yin et le yang du quartier », comme nous le verrons brièvement.

Les dynamiques d’un quartier sont innombrables, et c’est une bonne nouvelle. Ce sont autant d’ingrédients qui peuvent avoir un effet exponentiel sur l’accès du quartier aux ressources, d’innombrables possibilités d’accroître le capital social de la communauté.

5.1 L’influence des espaces sur la cohésion sociale

Dans une large mesure, les espaces d’un quartier façonnent la cohésion sociale de ce dernier.

  • Dans un quartier propre, où le vandalisme et les détritus sont rares, le sentiment de confiance peut être plus grand.
  • Les œuvres d’art, les statues et autres symboles reconnaissables font partie de l’image du quartier et contribuent à forger une identité commune.
  • La présence d’un parc facilite le tissage des relations de voisinage.
  • Un espace virtuel où les habitants peuvent discuter de sujets liés au voisinage permet de mieux connaître les valeurs auxquelles ils tiennent.

5.2 L’influence de la cohésion sociale sur les espaces

L’inverse est également vrai. La cohésion sociale se reflète dans les espaces du quartier.

  • Un quartier doté d’un fort sentiment de communauté soutiendra plus volontiers l’économie locale.
  • Dans un quartier où les habitants se font confiance, les initiatives citoyennes sont plus susceptibles de voir le jour.
  • Une communauté locale capable d’exprimer son appréciation commune pour un quartier propre est plus susceptible de contribuer à l’entretien des espaces physiques.
  • Dans un quartier où le sentiment de réciprocité est fort, l’utilisation et donc le succès d’un réseau social de quartier seront plus grands.

5.3 Les conditions préalables

L’environnement de communication du quartier comprend les facteurs intangibles (ou conditions préalables) auxquels sont soumis les espaces, les relations et les échanges au sein du quartier. Cet environnement peut être favorable ou défavorable et influence différents groupes de différentes manières.

Nous distinguons six types de conditions qui déterminent l’environnement de communication24 :

Le rôle des autorités locales

L’environnement de communication et ses conditions préalables sont assez constants au sein d’un quartier donné, ce n’est pas là qu’une autorité ou organisation aura le plus d’impact.

Les autorités et organisations doivent toutefois avoir conscience de ces conditions et en tenir compte, par exemple, lorsqu’elles élaborent des initiatives de développement de quartiers.

Il est donc utile d’identifier ces facteurs lors d’une analyse de quartier pour déterminer si certaines actions concernant l’environnement de communication sont possibles et appropriées.

Illustration de Miel Vandepitte.
Les dynamiques du quartierIllustration de Miel Vandepitte.Extrait du livre blanc · page 66

06 · Conclusion

Le quartier comme point de départ.

Le quartier recèle une valeur énorme pour tous les résidents, c’est le capital social. Cette valeur s’étend à l’ensemble de la société dans des domaines qui vont de la sécurité à la mobilité en passant par les soins, selon l’adage « Penser globalement, agir localement ».

Toutefois, ce capital social n’est pas le même d’une communauté locale à l’autre. Les autorités, prenant conscience du potentiel des ressources locales, cherchent de plus en plus à stimuler l’implication des quartiers. Dans ce livre blanc, nous avons proposé une formule :

Il n’est pas facile pour une autorité locale d’avoir un impact sur le potentiel, les ressources d’un quartier. Toutefois, nous sommes absolument convaincus que chaque quartier possède déjà tout ce dont il a besoin pour relever les difficultés qui se présentent.

En revanche, une autorité ou une organisation locale peut avoir un impact important sur l’accès à la communauté et à ses ressources. C’est ce que nous appelons le renforcement de la communauté. Il s’agit de stimuler la mesure dans laquelle les résidents peuvent et veulent se connecter au réseau de voisinage.

Nous avons établi un lien entre cette volonté de connexion et la cohésion sociale d’une communauté locale. La cohésion sociale se compose de toute une série de dimensions sociales qu’une autorité ou une organisation locale peut stimuler à des degrés divers.

La capacité à se connecter est liée aux espaces où les voisins peuvent entrer en contact les uns avec les autres. Ici, les autorités peuvent se concentrer sur les lieux et les canaux qui stimulent les rencontres et les échanges.

Les autorités locales jouent alors un rôle de facilitation d’une manière bien pensée et inspirée, en investissant dans le développement de la communauté.

Pour ce faire, il faut d’abord comprendre où se situent les points sensibles, les difficultés et les opportunités, puis créer des projets et des espaces de quartier qui permettent aux habitants de se connecter au réseau de voisinage et les y préparent.

Hoplr veut faire sa part en tant que réseau social de quartier et centre de connaissances pour les quartiers. Nous travaillons actuellement à un score de quartier, une analyse automatique du quartier qui en révèle les différentes dimensions, année après année, à partir de la formule présentée précédemment. Ce score servira de guide pour développer et évaluer toutes les interventions de quartier, et leur donner le bon cap.

Le score de quartier se superposera à nos réseaux sociaux de quartier existants, où des centaines de milliers de voisins échangent déjà aujourd’hui des informations, de l’aide et du matériel dans un contexte positif.

Enfin, nous sommes en train de lancer notre concierge de quartier, qui combine le pouvoir d’un conseiller local avec un tableau de bord numérique qui met en relation l’offre et la demande.

07 · Passer à l’action

De l’analyse du quartier à l’action.

Pour travailler sur le capital social d’un quartier, il est conseillé de procéder en deux phases : mesure (analyse du quartier) et influence (projet de quartier).

  • Tout d’abord, il est utile de se renseigner sur les particularités d’un quartier, entre autres en écoutant les habitants, pour savoir quelles interventions ont le plus grand potentiel.
  • Ensuite, il est temps d’agir. Sur la base des difficultés identifiées, on peut développer un ou plusieurs projets de quartier ayant le plus grand impact positif possible sur la communauté.

7.1 L’analyse du quartier

L’analyse de quartier permet de cartographier les difficultés et les opportunités d’un quartier. Nous nous basons sur trois éléments :

  • Les ressources du quartier (potentiel)
  • Certaines dimensions sociales du quartier (accès)
  • Les espaces de proximité (accès)

Vous avez peut-être déjà une idée assez précise de la situation d’un quartier en termes de ressources, de cohésion sociale et d’espace. Mais il peut être prématuré de tirer des conclusions sur la base de votre seule intuition, ne serait-ce que parce que vous ne vous identifiez probablement pas à tous les groupes sociodémographiques du quartier.

Voilà pourquoi nous recherchons des données tant quantitatives que qualitatives, provenant au moins en partie des résidents eux-mêmes. Ci-dessous, nous examinons brièvement les quatre méthodes les plus importantes de collecte des données.

7.1.1 Les méthodes

L’examen préliminaire des données existantes

Vous trouverez déjà certainement beaucoup d’informations utiles auprès de la ville ou de la commune. Par exemple :

  • Les données sociodémographiques du registre de la population ou du recensement ;
  • Les données sur le commerce local, les organisations locales, etc. ;
  • Les résultats d’études antérieures ;
  • D’autres informations bien connues telles qu’une carte du quartier, le taux de chômage, le nombre d’initiatives de quartier, la fréquentation des événements de quartier, etc.

L’enquête

Il est possible de collecter relativement facilement un grand nombre de données quantitatives anonymes par un questionnaire en ligne, sur papier ou par téléphone.

Le plus difficile lors de la création d’une enquête est de définir soigneusement vos questions : celles-ci doivent permettre de recueillir les informations nécessaires tout en restant faciles à comprendre.

Les entretiens

Les entretiens sont plus limités en termes de thématiques et de collecte de données, mais ils permettent de recueillir des données qualitatives très approfondies. C’est donc un bon moyen de recueillir des informations qui ne peuvent être exprimées en chiffres.

Il est préférable de mener vos entretiens avec quelques personnes clés du quartier, notamment des personnes qui en savent beaucoup sur le quartier, ou qui représentent une certaine communauté.

Les discussions de groupe

Dans le cadre d’une discussion de groupe, les résidents sont invités à dialoguer entre eux. Cela peut prendre la forme d’un atelier, d’un groupe de discussion, d’un panel de quartier, d’une promenade dans le quartier, etc.

Bien sûr, les répondants risquent de s’influencer mutuellement. C’est la force d’une discussion de groupe. Cela offre aussi un espace pour évoquer les difficultés, qui peuvent être nuancées par le groupe.

Combinaison

Chacune de ces méthodes présente des avantages et des inconvénients spécifiques. C’est précisément pour cela qu’il est essentiel de les combiner lors de l’analyse de quartier, lorsque c’est possible :

  • Une analyse de quartier commence généralement par un examen préliminaire ;
  • Cette étape est suivie d’une phase d’enquête et d’entretiens ;
  • Enfin, les résultats de la deuxième étape constituent une excellente base de discussion de groupe.

7.1.2 Développer l’analyse de quartier

En fonction des méthodes choisies, vous aurez besoin de questions : les questions que vous inclurez dans votre enquête ou votre entretien, mais surtout des questions de recherche, celles auxquelles vous voulez répondre. Idéalement, vous devriez commencer par une ou plusieurs questions de recherche qui vous aideront à garder le cap. Voici quelques sources d’inspiration.

La composition du quartier

Les données administratives officielles offrent déjà beaucoup d’informations sur la composition d’un quartier. Il faut les consulter pour réaliser un échantillon et optimiser la représentativité de l’enquête.

C’est pourquoi il est tout aussi essentiel, par d’autres méthodes, de prévoir quelques questions sociodémographiques.

  • Quel est votre sexe ?
  • Quel âge avez-vous ?
  • Depuis combien de temps vivez-vous dans ce quartier ?
  • Êtes-vous né dans ce pays ?
  • Votre mère est-elle née dans ce pays ?
  • Votre père est-il né dans ce pays ?
  • Quelle langue parlez-vous le plus à la maison ?

La diversité

C’est principalement au cours de discussions verbales - en tête-à-tête ou en groupe - que les habitants peuvent véritablement incarner la composition du quartier, par exemple en matière de diversité.

  • « Les personnes d’origines différentes cohabitent bien dans le quartier »
  • « Les personnes de générations différentes cohabitent bien dans le quartier. »
  • « Les nouveaux arrivants et les résidents de longue date cohabitent bien dans le quartier. »
  • « La diversité enrichit ce quartier »

Le sentiment d’appartenance à la communauté

Le sentiment d’appartenance peut varier considérablement au sein d’un même quartier. Des recherches montrent que les jeunes familles, les résidents qui passent beaucoup de temps dans le quartier et les personnes qui y vivent depuis longtemps éprouvent un sentiment d’appartenance plus fort. À l’inverse, les jeunes et les résidents confrontés à une barrière linguistique ont tendance à éprouver un sentiment d’appartenance moindre.

Le sentiment d’appartenance étant très subjectif, il est important de recueillir suffisamment d’opinions, en accordant une attention particulière aux différents groupes du quartier.

  • « Si quelqu’un prend une initiative dans le quartier, j’ai toujours le sentiment que « nous » organisons quelque chose (et pas qu’« ils » organisent quelque chose). »
  • « Je me sens attaché au quartier. »
  • « J’espère vivre longtemps dans ce quartier. »
  • « Il est important pour moi que mes voisins pensent que je suis un bon voisin. »
  • « S’il y a un problème dans le quartier, les habitants se débrouillent pour le régler. »

La confiance

Des études montrent une relation inverse entre la confiance et la diversité. Non seulement la confiance sera vécue différemment par les différentes communautés du quartier, mais elle sera également témoignée à des degrés différents d’une communauté à l’autre.

Cependant, il ne faut bien entendu pas cibler de communautés spécifiques dans les questions. En d’autres termes, les questions doivent être aussi générales que possible et viser le quartier plutôt que l’habitant.

  • « Je ne me sentirais pas en sécurité si je marchais seul dans le quartier après le coucher du soleil. »
  • « Si je devais perdre mon portefeuille dans le quartier, il y a de fortes chances pour que je le retrouve avec son contenu intact. »
  • « Je serais d’accord pour prêter les chaises de ma salle à manger pour une fête de quartier. »
  • « J’ai confiance dans le fait que les autorités locales défendent mes intérêts. »
  • « En cas d’urgence, je ferais confiance à mes voisins pour s’occuper de mon enfant ou d’un enfant sous ma garde. »

Il peut être particulièrement pertinent de compléter les données quantitatives par des données issues d’entretiens, par exemple. De cette manière, on obtient une image plus approfondie des tensions possibles dans le domaine de la confiance.

La réciprocité

L’existence ou non d’un réseau d’échanges généralisés dans un quartier donne une indication précieuse sur la facilité avec laquelle les résidents se connectent au capital social.

La réciprocité étant en partie liée à la réputation d’une personne dans le voisinage, il est préférable de poser les questions concernant cette dimension de manière anonyme.

  • « Si un voisin m’aide à résoudre des problèmes informatiques, je l’indemniserai probablement. »
  • « La plupart des habitants de ce quartier s’entraident automatiquement, sans qu’il soit nécessaire de le leur demander. »
  • « Si je prêtais une perceuse à un voisin, j’attendrais quelque chose en échange. »
  • « Quand je vois des déchets par terre dans notre quartier, je les mets à la poubelle, même si ce ne sont pas les miens. »
  • Avez-vous aidé un voisin gratuitement au cours de l’année écoulée ?

Les valeurs partagées

D’une part, vous pouvez chercher à savoir si les résidents ont aujourd’hui le sentiment de partager des valeurs avec leurs voisins. La meilleure façon de poser cette question est une enquête anonyme.

D’autre part, si vous souhaitez stimuler la cohésion sociale du quartier, il peut être utile de découvrir les valeurs et les normes que les habitants du quartier pourraient partager. Il peut aussi être intéressant de répertorier des valeurs ou normes lors d’une enquête anonyme, puis de demander aux résidents de les classer par ordre d’importance.

Vous pouvez déterminer à l’instinct les valeurs à inclure dans ce questionnaire, ou bien réaliser une présélection lors d’une discussion de groupe.

  • Dans quelle mesure pensez-vous qu’il est important que les habitants s’entraident spontanément ?
  • Dans quelle mesure pensez-vous qu’il est important que les habitants ne critiquent pas les autres dans leur dos ?
  • Dans quelle mesure pensez-vous qu’il est important pour les autres habitants que le quartier soit calme après 22 heures ?
  • Dans quelle mesure pensez-vous qu’il est important que les autres habitants du quartier entretiennent leur jardin et leur trottoir ?

Le réseau

Pour vous faire une meilleure idée des réseaux du quartier, d’une part, vous pouvez poser la question lors d’une enquête anonyme, et d’autre part, vous pouvez dialoguer avec les principaux groupes et organisations du quartier.

  • Avec combien de vos voisins pouvez-vous discuter ?
  • À combien de vos voisins pouvez-vous demander de l’aide ?
  • Parmi les voisins vers lesquels vous pouvez vous tourner pour discuter ou vous aider, combien diriez-vous qu’ils sont « d’une autre génération » ?
  • Parmi les voisins auxquels vous pouvez vous adresser pour discuter ou vous aider, combien diriez-vous qu’ils sont « d’une autre culture ou nationalité » ?
  • À combien d’organisations ou d’entreprises du quartier avez-vous fait appel dans le passé ?

Les espaces

Vous pouvez facilement vous enquérir de la nécessité d’un plus grand nombre de lieux de rencontre dans le quartier et leur agencement au moyen d’une enquête anonyme.

Il serait peut-être trop vague de simplement demander « Quels lieux remplissent déjà une fonction de réunion actuellement ? », il faudrait nuancer. Il est donc préférable d’en discuter dans le cadre d’entretiens ou de discussions de groupe.

  • Pensez-vous qu’il y a suffisamment de lieux de rencontre dans le quartier ?
  • Pensez-vous que les espaces publics de votre quartier sont bien entretenus ?
  • Où entrez-vous le plus souvent en contact avec les résidents actuellement ?
  • Si vous aviez besoin d’aide dans le voisinage, où prendriez-vous contact avec vos voisins ?
  • Quels sont les endroits du quartier qui incitent à discuter entre voisins ?
  • Quels lieux ont une signification importante dans votre quartier ?

Les ressources

Une enquête peut vous donner une certaine idée des ressources que les résidents sont prêts à partager avec leur voisinage.

Vous cernerez mieux les organisations et les groupes présents dans le quartier, et la manière dont ils peuvent éventuellement aider le quartier, en créant le dialogue.

  • Quel type d’aide pouvez-vous offrir ?
  • Avez-vous des talents qui pourraient être utiles aux autres ?
  • Combien de temps pourriez-vous consacrer à aider un voisin ou le voisinage ?
  • Avez-vous des connaissances approfondies sur un sujet qui pourrait profiter au quartier ?

7.1.3 Visualiser les contributions

Pour recenser les contributions des résidents de manière significative, il est préférable d’utiliser un cadre de référence approprié. Nous vous présentons ci-dessous deux méthodes, qui peuvent être renseignées ou évaluées en coopération avec les résidents.

La cartographie des capacités du quartier

Le schéma ci-dessous est souvent utilisé dans le cadre du développement de communautés à partir des ressources disponibles. Il tente de représenter visuellement toutes les institutions locales, les organisations bénévoles et les groupes. Pour la remplir, il est intéressant de faire le tour du quartier à pied.

Recenser les institutions locales, associations de citoyens et talents individuels pour identifier les ressources du quartier.
La cartographie des capacités du quartierRecenser les institutions locales, associations de citoyens et talents individuels pour identifier les ressources du quartier.Extrait du livre blanc · page 89

Ensuite, pour chaque partie ou groupe, indiquer quelles ressources précieuses (espaces, connaissances, coups de main) pourraient servir à faire avancer le quartier. Cela fait clairement ressortir les partenariats les plus propices pour résoudre les difficultés du quartier.

N’omettez pas les groupes ou les institutions sources de tensions. Tout le monde a quelque chose à offrir au quartier. En outre, une coopération fructueuse donne à chaque partie l’occasion de se présenter sous son meilleur jour.

La lentille du quartier

La lentille du quartier illustre la mesure dans laquelle les résidents apprécient leur quartier. Elle se compose de quatre domaines, les espaces, les personnes, l’accès et les activités. Chacun de ces domaines comporte trois sous-domaines.

Vous pouvez remplir vous-même la lentille du quartier sur la base des données d’une enquête et/ou d’entretiens, puis faire évaluer les scores dans le cadre d’une discussion de groupe. Vous pouvez également remplir les cases lors d’un atelier.

La lentille du quartier est un excellent point de départ pour un dialogue sur le quartier. En outre, il est plus facile d’identifier les domaines principaux et secondaires présentant les meilleures pistes d’amélioration.

Quatre domaines — espaces, personnes, accès et activités — offrent un point de départ pour parler du quartier.
La lentille du quartierQuatre domaines — espaces, personnes, accès et activités — offrent un point de départ pour parler du quartier.Extrait du livre blanc · page 90

7.2 Les projets de quartier

Ensuite, il faut traduire les difficultés et les opportunités d’un quartier en actions, dans le cadre d’un ou plusieurs projets de quartier. Le but est d’augmenter l’accès au capital social en :

  • renforçant la cohésion sociale du quartier ; et/ou
  • optimisant les espaces du quartier.

Dans la mesure du possible, nous voulons permettre au quartier de relever lui-même les défis, en développant la communauté à partir des ressources disponibles.

Puis nous arrivons à l’objectif final : la création d’un ou plusieurs projets de quartier qui donnent un coup de pouce au renforcement de la communauté locale, en améliorant la cohésion sociale et les espaces du quartier. Ces projets de quartier sont à définir en fonction d’un certain nombre de facteurs :

  • Quelles difficultés l’analyse du quartier a-t-elle révélées ?
  • Sur quoi les autorités ou les habitants veulent-ils travailler en priorité ?
  • Que faut-il faire pour améliorer la situation ?
  • Que peuvent faire les résidents eux-mêmes ?
  • Quelles institutions, organisations et groupes souhaitent s’impliquer dans le projet de quartier ?
  • Quel soutien, le cas échéant, les résidents reçoivent-ils de la part des autorités ?

7.2.1 Inventaire

Pour conclure, voici une liste non exhaustive de projets ou interventions possibles au sein des quartiers, petits ou grands, avec des degrés divers d’implication des autorités locales.

Initiatives de quartier

Les habitants conçoivent et mettent en œuvre un projet, avec ou sans le soutien limité des autorités. Par exemple : campagne de nettoyage, potager communautaire, bibliothèque de quartier, cours de danse pour personnes âgées, barbecue de quartier, frigo de quartier, campagne de collecte, notes de remerciement, fête des voisins, etc.

Entente

Deux ou plusieurs personnes du voisinage concluent un accord dans lequel elles se promettent quelque chose. Par exemple : un club de football local permet aux jeunes d’utiliser ses terrains à condition qu’ils en prennent soin, une entreprise promet d’acheter des produits locaux, etc.

Réseau social de quartier

Réseau en ligne où les voisins sont en contact les uns avec les autres pour échanger des demandes d’aide et des ressources. Par exemple : Hoplr, Whatsapp, groupe Facebook, etc.

Événements

Différents groupes du quartier se réunissent dans un cadre formel. Par exemple : pot du Nouvel An, cérémonie d’accueil des nouveaux résidents, cinéma éphémère, marché aux puces, journée portes ouvertes des commerces locaux, etc.

Espace physique

Les autorités locales effectuent une intervention dans l’espace physique du quartier, ou permettent à d’autres de le faire. Par exemple : nouveau parc, réaménagement de la cour de récréation, bancs de quartier, œuvre d’art, panneau d’affichage de petites annonces, école ouvrant la cour de récréation au quartier, voisins installant des bancs devant chez eux, etc.

Identité du quartier

Déterminer ensemble ce que représente le quartier et le communiquer de manière accessible. Par exemple : logo, slogan, manifeste, maquette, etc.

Macro-communication

Communication locale de la part des autorités locales ou d’une institution compétente. Par exemple : communication à propos des nuisances, actualités du quartier, sensibilisation aux thématiques du quartier, annonce d’activités à venir, participation du quartier, dialogue, etc.

Réseau de personnes clés et d’intermédiaires

Base de données contenant les coordonnées des personnes grâce auxquelles vous pouvez toucher différents groupes (vulnérables ou autrement difficiles à atteindre). Par exemple : prestataires de soins, travailleurs communautaires, agents de quartier, personnel d’accueil, associations, commerçants locaux, communautés religieuses, etc.

Projet de participation

Les autorités permettent aux résidents de s’exprimer sous la forme de commentaires, de conseils, d’opinions, d’idées ou d’actions. Par exemple : réactions aux plans de réaménagement des aires de jeux, au budget municipal, au programme de quartier, à une campagne de nettoyage ; collecte d’idées sur le développement de la communauté, etc.

Projet social

L’autorité locale invite les habitants à se joindre à elle lors d’un projet d’inclusion au sein ou en dehors du quartier. Par exemple : travail en binôme, messagerie de discussion, bénévolat, collecte de fonds, actions de solidarité, etc.

Subventions

Les autorités locales offrent une compensation financière aux actions qui bénéficient au tissu social du quartier. Par exemple : budget de quartier, subvention pour une fête de quartier, achat groupé de jardinières de façade, remboursement des décorations de rue, etc.

08 · Sources et auteurs

Les auteurs et créateurs de ce livre blanc

Les références suivantes figurent dans le livre blanc original.

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Les auteurs et créateurs de ce livre blanc

Auteurs
Laura Geerts, dr. Jonas De Meulenaere, Jennick Scheerlinck · Hoplr
Illustrations
Miel Vandepitte
Photographie
Joachim van Belleghem
Conception graphique originale
Gestalte
Relecteurs
Luc Galoppin, Cato Waeterloos, Bastiaan Baccarne, Jeroen Vandevelde

Merci à l’équipe Hoplr, à nos clients et à tous les habitants qui contribuent à la vie de leur quartier.

Cette version en ligne reprend le livre blanc original. Les schémas, illustrations et photographies proviennent de cette édition. Les références aux produits correspondent à la publication d’origine. Télécharger le PDF.

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